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Enseigner à distance : accepter son rôle

Le fait d'enseigner, que ce soit en présentiel ou à distance apporte son lot de défis. C'était vrai il y a plusieurs années et ce l'est encore aujourd'hui à l'époque où le numérique prend de plus en plus de place dans nos vies et dans nos institutions scolaires. Quels défis se dressent devant les professeurs qui veulent, en 2017, enseigner à distance, et surtout quelles compétences doivent-ils développer pour faire face à ces derniers? Car, on peut constater d'abord, comme le fait Power (2002) que la technologie permet de rapprocher l'enseignant des étudiants au moins dans les leurs échanges. On peut conclure ensuite (Papi, 2016, Endrizzi, 2011) qu'il n'y a pas de transformation radicale du rôle des enseignants avec l'arrivée des technologies dans la formation à distance (FAD). Après tout, leur rôle demeure d'assurer un apprentissage des étudiants, que ceux-ci se trouvent devant eux où devant leur ordinateur respectif.

Cepedant, on ne peut nier que les tâches concrètes que doit effectuer l'enseignement en FAD diffèrent de celle que l'on associe habituellement à un professeur, particulièrement depuis l'arrivée des TIC : « Lorsque les TIC sont intégrées à un cours, de nouvelles tâches apparaissent qui peuvent prendre une ampleur importante dans le cas de projets d'une certaine envergure » (Basque, 2004). Papi se permettait d'ailleurs de commenter que : « l’arrivée d’Internet et l’évolution du web apparaissent comme des facteurs clés des changements connus dans ce mode de formation [La FAD] et semblent être à l’origine de son essor depuis la fin du siècle dernier ». Cet essor nouveau force l'enseignant à devoir s'adapter à ce domaine en constante évolution et à devoir développer des compétences « transversales » notamment en ingénierie pédagogique et en gestion. Je crois pour ces raisons qu'une attitude préalable est nécessaire à tout enseignant en FAD, et particulièrement à un jeune et futur enseignant comme moi, soit celle d'accepter en toute modestie le rôle qu'il lui revient. Lorsque l'on a en tête de devenir professeur, on s'imagine souvent développer le cours « idéal » et d'en être le seul conducteur. Or, la FAD demande de s'entourer de différents experts. Elle demande un partage du travail qui nous soustrait du rôle de « seul maître à bord ». Elle demande certainement de suivre des formations, formations qui devraient par ailleurs être offertes en grand nombre aux enseignants. La FAD demande également plus que jamais d'être à l'écoute de ses étudiants qui sont certainement la meilleure source à l'amélioration de notre FAD. Si le professeur tend à ne plus être vu comme un expert enseignant à des initiés, la FAD accentue cette tendance et oblige au professeur de prendre un pas de recul et à se questionner : comment vais-je contribuer à l'apprentissage des étudiants en contexte d'une FAD, puisque je ne peux simplement me présenter devant une classe pour y réciter un texte?

J'avais mentionné dans le Wiki que l'enseignant en FAD devait avant tout développer capacité à pouvoir s'adapter à un nouveau mode d'enseignement, ce que je crois être en accord avec l'idée développée ici. Nous pouvons faire l'hypothèse que les enseignants présents dans nos universités ont pour la pluaprt reçu un enseignant plus traditionnel. S'ils ont une forte expertise dans le contenu de leur cours, ils n'ent ont peut-être pas dans la structure que demande la FAD. C'est ce qu'ils devront reconnaître, tout comme je devrai le faire, reconnaître avant de plonger dans ce monde.

Évidemment, une telle attitude ne monte pas la montagne, mais elle prépare, je crois, à le faire.

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